A Travellerspoint blog

Mes impressions après 6 mois à bombay

Paradoxes

On m'avait prévenu avant que j'arrive que j'allais être confrontée à la pauvreté. En vérité, ce qui m'a le plus frappé ce n'est pas la pauvreté mais plutôt la façon dont elle côtoie la richesse... Il y a quelques mois, je suis allée avec des amis dans un des gratte-ciels de Mumbai. Le toit a été transformé en bar à ciel ouvert. C'est assez extraordinaire je dois dire. Plein de luxure et de cocktails avec vue extraordinaire de la ville d'un côté et l'océan de l'autre. Pour peu, on se croirait à Las Vegas! Je dis bien pour peu car si on baisse les yeux, on peut apercevoir les bidonvilles. Des petites bicoques recouvertes d'une bâche bleue qui s'élèvent entre deux monstres de métal et de vitres....

Sur les toits de Mumbai

Sur les toits de Mumbai

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Landeau

Landeau

D'un côté, je suis scandalisée. Pourquoi?! Comment est-ce possible?! Et puis pourquoi les gens continuent-ils d'affluer en ville? Ne comprennent-ils pas que c'est la misère qui les attend? Pourquoi le gouvernement ne fait-il rien? Que faire? Et puis à mon échelle, on me répète de ne jamais donner d'argent... On me raconte toutes sortes d'histoires comme quoi les mendiants ne sont pas réellement pauvres; que ce sont des bandes organisées; qu'ils ont bien plus d'argent qu'ils n'en donnent l'air; que c'est une astuce pour ne pas payer de taxes... J'entends qu'ils utilisent toutes sortes de stratégies pour attirer davantage la pitié des passants comme s'échanger les bébés, les donner à des jeunes adolescentes ou encore kidnapper et meurtrir des enfants des bidonvilles (comme dans slumdog millionaire)... J'entends toutes ces histoires dont je ne doute pas vraiment de la véracité. Néanmoins, comment rester insensible à une maman qui nourrit son bébé sur la borne centrale d'une route à quatre bandes? Devant un cul-de-jatte qui se déplace sur une planche à roulette? Comment ne pas se mouveoir devant un bébé qui fait la sieste dans un hamac fait de vieilles loques accrochées à deux poteaux électriques sur le trottoir d'un pont bruyant, polué et poussièreux?!

Cependant, après le premier choc dépassé, j'ai commencé à voir les choses autrement... J'ai commencé à questionner ces idées toutes faites sur la misère du monde. Et si j'arrêtais de dramatiser? Certes, de mon point de vue d'européenne de bonne famille, c'est choquant! Mais de leur point de vue... c'est peut-être pas si terrible?

L'autre jour, je me promenais dans la rue et je suis passée devant une famille de ce qu'on pourrait probablement appeler barakis – au sens premier du terme. Le terme “baraki” désigne une personne qui réside dans une caravane ou une roulotte (une baraque) et qui vit de l'activité foraine. En l'occurence, eux n'étaient pas des forains mais bien des gens qui vivaient dans une petite bicoque faite de... ben d'un trottoire en fait.

une bicoque - faite de brics et de brocs

une bicoque - faite de brics et de brocs

En fait ça m'a amusé... C'était la première fois je passais par là en pleine journée et j'ai pu voir une autre facette de leur vie. Ils sont sur le chemin entre mon immeuble et le petit marché du coin. Je ne les rencontre donc généralement que dans la soirée – en pleine heure de pointe – au moment propice pour eux pour mendier. Ici, étant donné que nous étions en pleine après-midi, ils étaient relax, sous un arbre en train de jouer aux cartes. Ils avaient l'air tellement bien que j'avais envie de m'installer avec eux!

Le contraste avec les hommes d'affaires qui passent tous les jours dans cette même rue avec leur grosse 4X4 portant une plaque “BOSS” est tellement grand que ça m'a beaucoup fait réfléchir....

Ca m'a rappelé un conte que l'on m'a raconté autrefois:

Deux pêcheurs sur la côte de Mumbai

Deux pêcheurs sur la côte de Mumbai

Un homme d’affaires américain se trouvait sur le quai d’un petit village mexicain du bord de mer quand un pêcheur sur un petit bateau accosta. Il avait au fond de son bateau plusieurs superbes thons à nageoires jaunes. L’Américain complimenta le Mexicain pour la qualité de sa prise et demanda s’il avait fallu beaucoup de temps pour les pêcher. “Un peu de temps seulement” répondit le Mexicain.
L’Américain demanda alors pourquoi il n’était pas resté plus longtemps pour ramener plus de poissons. Le Mexicain répondit qu’il en avait assez pour nourrir sa famille. L’Américain questionna à nouveau : « Que faites-vous le reste du temps ? » Le pêcheur mexicain répondit : « Je dors tard, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme, Maria, je flâne dans le village tous les soirs où je sirote du vin et joue de la guitare avec mes amis. “J’ai une vie bien remplie, Monsieur !” L’Américain rétorqua d’un air moqueur : “Je suis diplomé de Stanford et pourrais vous aider. Vous devriez passer davantage de temps en mer afin de ramener de nombreux poissons et acheter un plus grand bateau avec le gain de la pêche. Ce bateau permettra d’augmenter encore le produit de la pêche et d’acheter plusieurs bateaux. Finalement, vous pourriez avoir une flotte de bateaux de pêche. Au lieu de vendre vos prises à un intermédiaire, vous pourriez les vendre directement au transformateur et, pour finir, ouvrir votre propre conserverie. Vous auriez le contrôle de tout le circuit, de la production à la distribution. Vous pourriez quitter ce petit village et vous installer dans la ville de Mexico, puis Los Angeles et enfin New York où vous dirigeriez l’expansion de votre entreprise.”
Le pêcheur mexicain demanda : “Mais Monsieur, combien de temps cela prendra-t-il ?” “De 15 à 20 ans seulement” répondit l’homme d’affaires.
“Et ensuite, Monsieur ?” L’Américain se mit à rire. “C’est la partie la plus intéressante. Quand le moment sera venu, vous annoncerez une offre publique, vendrez vos actions et deviendrez très riche. Vous pourrez facilement faire des dizaines de millions !” “Des dizaines de millions, Monsieur ? Et alors ?” “Et alors !” dit l’Américain “Alors, vous prendrez votre retraite. Vous vous installerez dans un petit village de pêcheurs où vous pourrez faire la grasse matinée, pêcher un peu, jouer avec vos enfants, faire la sieste avec votre femme, flâner dans le village le soir en sirotant du vin et en jouant de la guitare avec vos amis.”

Je dois vous avouer que j'éprouve bien plus de pitié et de compassion pour le quincagénère belge qui s'enlise dans un quotidien morne, rythmé par les bouchons terribles, pour se rendre à travail qu'il n'aime pas où ils passe sa journée à se plaindre de sa petite vie de merdre, dans son petit pays de merdre (où il y a toujours un temps pourri, même quand il y a du soleil)... Quand il rentre (après être repassé par les bouchons terribles), il se retrouve en face de sa femme qui le fait chier et de ses gosses qui lui prennent la tête (alors qu'ils avait déjà mal à la tête à cause de son putain de patron!!), ce qui à coup d'années le met dans un état d'acceptation morose de sa situation agrémenté de quelques touches de fatalisme et de négativisme... Mais le plus triste dans cette histoire, c'est qu'entre tous ces états d'âme, il oublie de regarder ses enfants grandir... Peut-être parviendra-t-il à s'échaper de ce quotidien morbide après une crise de la quarantaine. Sinon, il continuera d'attendre péniblement et impatiemment sa pension. Pourtant, ses problèmes ne s'arrêteront pas là! Arrivé à la pension ses démons mentaux se transformeront en maux physiques, les uns en plus des autres, ce qui rendra vivant ce qui a toujours été son cauchemar et à nouveau, il sera paralysé par une vie qui ne lui plait pas.

Des paroles de sages influencent ma jeunesse pleine d'idéalisme: “crois en tes rêves!” “celui qui croit en ses rêves leur permet de se réaliser”. Dans le même ordre d'idées, je suppose que si quelqu'un croit en ses cauchemars, il finissent aussi par se réaliser......

Mon tableau est assez noir... C'était une caricature, bien entendu (quoi que...). Je ne vois pas chaque quincagénère belge de cette façon, bien heureusement (sinon, ce serait vraiment déprimant!!). Ce que je veux dire, c'est que cet homme qui a un toit en dur pour dormir, une TV, une voiture, part en vacances deux fois par an, couvre ses enfants de cadeaux à la Saint-Nicolas, etc. est-il vraiment mieux logis que mon veudeur de tomates?

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Ce dernier n'a pas les moyens de s'offrir un vrai magasin alors il transporte son magasin sur sa tête. Chaque jour à la même heure, il se pose à côté du même arbre, il vit dans la poussière et la chaleur mais lui, au moins, il voit son fils grandir. Ils ont aussi une routine quotidienne. Celle-ci consiste à passer la soirée à deux à vendre des tomates, à sourire aux passants en attendant que l'un d'entre eux ait besoin de tomates. Il rêve de faire suffisament d'économies que pour pouvoir offrir à son fils des études et un beau mariage. Il se bat au quotidien pour la survie de sa famille. C'est terrible de devoir se battre pour survivre.... mais c'est bien pire à mes yeux de n'avoir aucune raison de vivre.

vendeuses de légumes

vendeuses de légumes

vendeurs de tomates

vendeurs de tomates

un petit déjeuner sur le pouce?

un petit déjeuner sur le pouce?

Le magasin - emballé - sur la tête

Le magasin - emballé - sur la tête

Le magasin - déballé - sur le trottoire

Le magasin - déballé - sur le trottoire

magasin ambulant

magasin ambulant

Vendeur de Chai sur son vélo

Vendeur de Chai sur son vélo

Marchands de chou-fleurs

Marchands de chou-fleurs

Mumbai est appelé Golden city (la ville d'or) car on y a la possibilité d'y faire fortune. Les gens affluent de tous les coins de l'Inde les poches vides mais l'esprit plein de rêves. Certes, tout le monde n'y fait pas fortune mais il y a au moins beaucoup plus d'opportunités que de rester dans sa campagne. C'est cela que je n'avais pas compris au début! C'est pourtant évident! Un fermier dont la vache meurt perd sa seule source de revenu et s'il n'a pas de quoi se redresser il est destiné à une mort quasi certaine! A Mumbai, s'il perd sa vache il peut toujours commencer un commerce d'oranges ou de colliers à fleurs... Et puis en dernier recours il peut également mendier pour se sortir de la misère...

Le boucher

Le boucher

Une balayeuse souriante

Une balayeuse souriante

Le vendeur de matelas (qui l'eu cru?!)

Le vendeur de matelas (qui l'eu cru?!)

L'apiculteur

L'apiculteur

La vache sacrée

La vache sacrée

Lui, il fait des omelettes et du poisson fri!

Lui, il fait des omelettes et du poisson fri!

Le coiffeur...

Le coiffeur...

Le vendeur de jus d'orange

Le vendeur de jus d'orange

Un des patients qu'on a vu était un homme assez aisé. Pourtant, il a raconté qu'après un désastre financier où sa famille avait perdu tout leur argent, ses parents étaient décédés et toute une histoire horrible il avait acheté un billet pour Mumbai avec tout ce qui lui restait d'argent. Arrivé ici, il n'avait rien. Il dormait dans la rue. Il a commencé à travailler et à gravir les échelons petit à petit....

ce n'est ni un alcolique, ni un drogué, ni un fou... mais bien un type normal qui fait la sieste!

ce n'est ni un alcolique, ni un drogué, ni un fou... mais bien un type normal qui fait la sieste!

La siesta!

La siesta!

Je ne veux pas faire de généralités mais je veux dire qu'il y a toujours deux faces à une pièce. Il y a partout en ville des dispensaires gratuits et des stands qui distribuent de la nourriture gratuitement. Petit à petit les choses changent et si le gouvernement ne peut pas faire de miracles, des choses sont mises en place et des mouvements initiés. La seule chose, qui n'est pas des moindre, c'est que les enfants n'ont pas accès à l'éducation... Et sans éducation, ils n'ont pas le choix d'une autre vie. Mais là encore, je suppose qu'à petite échelle les choses bougent également.

L'Inde se développe à un vitesse incroyable mais également à plusieurs niveaux. Une part reste encore très traditionnelle tandis qu'une autre se rue vers l'occident. Ça donne parfois une impression de décalage. Les beaux uniformes qui cachent un manque total d'organisation en sont un bon exemple. Ces différences donnent l'impression de faire un voyage continuel dans l'espace et dans le temps... Je regarde à gauche je suis dans une ruelle londonnienne en 1746, je regarde en l'air je suis à Las Vegas en 2014, je regarde à droite je suis à Lisbonne en 1800!

Mumbai-Sud

Mumbai-Sud

Mumbai-sud

Mumbai-sud

Mumbai-sud

Mumbai-sud

La vie est belle!

La vie est belle!

Fleuristes

Fleuristes

Magasin de Samosa!

Magasin de Samosa!

Ecole musulmane

Ecole musulmane

En bus, en rickshaw ou à cheval!

En bus, en rickshaw ou à cheval!

Un rivière ou un égout... je sais pas trop

Un rivière ou un égout... je sais pas trop

J'étais sur le point de vous envoyer ce mail quand j'ai découvert quelque chose qui illustre exactement tout ce que je viens d'écrire... A l'académie il y a une série d'hommes engagés pour des métiers divers. Deux d'entre eux notamment sont portiers. Au matin, à midi et au soir ils sont à leur poste, devant la porte d'entrée, où ils saluent et accueillent tous les passants. Leurs horaires dépendent des membres de l'académie. Etants les portiers, ils sont censés être les derniers à quitter le bâtiment. Si un médecin décide de faire des heures supplémentaires jusque 20h, ils seront présents jusque 20h. Si l'académie propose un cours spécifique un dimanche (ce qui est le cas presque tous les dimanches), ils ont à être là également.... Bon leur job n'est pas le plus difficile ni le plus éprouvant mais ça fait quand même un sacré paquet d'heures!

Encore une fois, se dire: “Oh les pauvres..... Quelle horeur d'avoir ça comme travail! Qu'est ce que c'est rabaissant” ne serait qu'une projection! Car tout au contraire, ce travail est leur fierté! On a appris qu'ils venaient du Népal où ils avaient une famille. Ne trouvant pas de travail là-bas, ils sont venus ensemble jusque Mumbai à la recherche d'un travail qui pourrait leur rapporter suffisament d'argent que pour nourrir leur famille. Ils ont trouvé ce travail-çi, à l'abri de la chaleur, qui consiste à ouvrir la porte à des médecins de renommée mondiale. C'est en vérité un grand honneur pour eux! Et grâce à ça, ils peuvent nourrir leur famille. Ce ne sont pas des malheureux... et ils m'impressionnent beaucoup!

Là où je veux en venir, c'est qu'aujourd'hui notre pote Tchinka le portier nous a montré un petit carnet rempli de symptômes de remèdes homéopathiques.... Pendant que nous sommes en cours et qu'il n'a rien à faire, il va à la bibliothèque où il étudie des remèdes en les recopiant à la main!!!!! Ca lui permet par la même occasion d'améliorer son anglais. Il était tout fier et voulait nous montrer. Ça m'a énormément ému...

Tchinka

Tchinka

Posted by elodieadie 08:23 Archived in India Tagged people city poverty cultures introspection Comments (0)

Le temps qui passe

et repasse le temps

sunny 30 °C

d'où que souffle le vent,
identiques sont les effets du temps

le temps qui ride les jeunes filles
les transforment en (m)amies

des mamies aux cheveux d'argent
et aux yeux intelligents

des yeux qui scintillent de sagesse
car telle est la vertu de la vieillesse

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A l'autre extrême
un petit garçon à l'horizon...

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Après la subtilité de la vieillesse
et la malice de l'enfance...
Voici "la force de l'âge"!

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Posted by elodieadie 01:01 Archived in India Tagged people Comments (0)

Un dimanche à Mumbai

sunny 30 °C

Mes chers amis,
comme certains me l’avaient suggéré j’avais prévu de vous envoyer des mails groupés assez régulièrement mais me voilà déjà ici depuis cinq mois et pas beaucoup de mails groupés ont été envoyés. Il faut dire aussi qu’entre l’académie et mon appartement, je n’ai pas énormément d’aventures palpitantes à raconter! Mais voilà… dimanche passé j’ai été comblée en aventures et j’avais envie de les partager avec vous!

J’ai décidé d’aller me promener au centre ville pour profiter de mon dimanche. Pour s’y rendre, il faut soit prendre le train (10roupies - 1/6ème d’euro), soit le taxi (600roupies - 10euro). Je choisi le train, bien évidemment! On va dire que c’est légèrement moins confortable, mais c’est drôlement plus comique!!

Vue de l'extérieur

Vue de l'extérieur

Première chose, trouver le bon train et le bon compartiment - c’est à dire le compartiment des femmes en deuxième classe. Attention de se pas se tromper où je pourrais me retrouver dans le compartiment des hommes ou des handicapés + cancéreux... Quand vous aurez compris les conditions de voyage, vous comprendrez pourquoi ils réservent certains wagons pour les handicapés! Heureusement pour eux!! Me voilà donc sur le quai à attendre le train parmi une foule d'autres passagers - oui, une foule! Même un dimanche à 4 heure de l’après-midi, les trains sont bondés En vrai, même un samedi à minuit il y a des bouchons pas possibles! La surpopulation, on ne peut pas la nier!
Soit, voilà le train qui arrive. Les portes sont ouvertes et malgré que le train soit encore en marche, je vois des gens qui en sautent. Un homme d'ailleurs rate sa petite manœuvre, trébuche et manque de se faire écraser par le troupeau qui se rue hors du train. Je n’arrive même pas à imaginer comment autant de gens pouvaient se tenir dans un si petit espace. Perdue dans mes réflexions, j'attendais gentiment que les gens descendent avant de monter. je me faisais d’ailleurs la remarque que les indiens étaient bien impoli! Le uns montent alors que les autres ne sont pas encore descendus, tout le monte pousse, tire, arrache, fonce, saute, court et en vrai, c’est un sacré bordel! Enfin voilà… tout ceux qui le voulaient sont descendus, le train est déjà plein et je vois que je suis loin d'être la seule à ne pas être encore dedans! Le train est sur le point de démarrer -- du coup, je décide de me noyer dans le décors! Je me transforme en indienne et je saute dans le tas, il suffit d'avoir un pied dans le train et une main accrochée quelque part à l'intérieur, le reste, c’est pour plus tard.

Vue de l'intérieur

Vue de l'intérieur

Le train démarre donc. Je ne suis qu’à moitié à l'intérieur. Dans le brouhaha incessant des gens me crient: “tu vas où?” - “churchgate!” - “bouge toi alors, nous on descend à la prochaine station!” Ouille ouille ouille! Mais où veulent-ils que j'aille? On est entassés comme des sardines dans un bocal! Une rapide analyse me fait comprendre qu'en fait, leur brouhaha est assez organisé! Il suffit que je crie: “poussez vous! Je vais à churchgate” pour que les gens - tant bien que mal- s'écartent et me laissent aller vers le centre du train!
C'est pas la première fois que je prends ce train mais à chaque fois ça me fait le même effet!!

Après m'être promenée une petite heure, je décide de retourner à la gare où je devais retrouver des amis. Sur mon chemin, un homme m'accoste. Il travailler pour Bollywood et aujourd'hui ils font un tournage spécial pour lequel ils ont besoin de figurants blancs.... Si j'accepte de participer, je serai payée 500roupies, je serai nourrie, habillée coiffée tout ce qu'on veut, sans compter l'expérience amusante!! Je me méfies un peu mais je vois bien qu'il a tout le look de ce qu'il prétend être et je sais bien que c'est très courant que Bollywood réquisitionne des touristes de passages! Je décide donc d’y participer à condition que d'autres touristes blancs y participent aussi. Bon finalement le type ne trouvait pas d'autres personnes donc il m'a proposé d'y participer le lendemain avec une autre bande. Comme j'avais rendez-vous avec mes amis, ça tombait bien de reporter ça au lendemain!

Je suis donc allée retrouver mes potes avec qui on avait prévu d'aller manger du "pav bhaji” une sorte de sauce tomate (pimentée bien entendu!) mais vraiment délicieuse. Ils voulaient m'emmener au meilleure stand de Pav Bhadji de la ville. Cette partie-là est comique car il s'agit d’un vendeur de rue, sur le trottoir d'une route à quatre bandes qui mène à un carrefour ultra fréquenté. Il n'y avait donc pas de table! Mais il faut plus que ça pour démotiver des indiens d'un pic-nic du dimanche! en deux temps trois mouvements, une table de fortune était montée! Je vous ai joint des photos! Une bouteille de coca à l'envers dans le capot de la voiture, ça fait un capot parfaitement horizontal et une table parfaitement stable!! trop comique!

Pic-nic à Mumbai

Pic-nic à Mumbai

Alors je suppose que vous avez envie de savoir la suite de l'histoire de Bollywood! Et puis si vous n'avez pas envie je la raconte quand même! :-P
Lundi soir j'avais rendez-vous avec le bus de blancs près d'une plage au nord de Mumbai. A peine arrivée, on me donne quelque chose à grignoter et on m'emmène dans la cabine d'essayage (ou je ne sais pas comment ça s'appelle). Une femme me donne une petite robe et m'indique de l'enfiler. En deux temps trois mouvement, je ressemble à une petite Barbie! Heureusement j'avais pensé à m'épiler! pas le temps de dire ouf que je suis emmenée sur le lieu du tournage. En bord de mer, tout un espace était arrangé : ambiance hôtel chic en Malaysie. On me dit de me placer à un endroit précis, avec un "cocktail" à la main, face à un autre type et de faire semblant de discuter de façon animée. C'est pas très compliqué de faire semblant de parler à un inconnu quand tu es en train de parler à un inconnu. La scène a duré une demi heure (on coupe! on recommence! on recoupe! on recommence!) puis on a eu une demi heure de pause le temps de changer quelques décors et on était replacé avec une autre personne, rebelote et ainsi de suite toute la nuit. Au bout de quelques heures les gens commençaient à être fatigués et à en avoir marre mais moi je trouvais ça trop comique! Comme il faisait froid, j'ai même eu droit à un feu de camp pour les pauses! Oh qu'est ce que ça m'a fait plaisir d'avoir un peu froid! J'avais presque oublié l'effet que ça faisait :-P

Posted by elodieadie 11:20 Archived in India Tagged trains city Comments (0)

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