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L'art de voyager comme une tortue

A savoir lentement et avec sa maison sur le dos

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En quittant la Belgique, j'avais pour objectif de rejoindre Tokio et Taipei, où vivent deux de mes amies, sans avion. La raison de choix était en partie écologique. Symboliquement bien-sûr. Je crois que quand on est jeune on a parfois envie de prendre des décisions radicales, juste pour le plaisir de prouver son point de vue... Il y avait cependant une autre raison à ce choix. Je voulais, au moins une fois dans ma vie, partir sans date de retour et pouvoir prendre mon temps! Prendre le temps d'admirer, d'apprécier, de contempler et de vivre mais à mon rythme. Pour des questions pratiques je n'ai pas pu mettre ce plan à exécution pour mon arrivée en Inde. Après coup, je crois pouvoir dire que j'ai mis presque un mois à vraiment m'adapter. Le décalage horaire, le climat, la nourriture... Sans parler du choc culturel! Mais ça, c'est une autre histoire! Je n'aime pas ce sentiment. Comme si j'étais un petit poisson qui avait été propulsé dans un océan, bien loin de sa petite mer natale. L'effet “magnolideae” pour les homéopathes! Avec les moyens modernes on peut survoler les limites de l'espace. C'est pratique, c'est vrai. Mais j'ai l'impression que mon corps d'être humain n'est pas tout à fait fait pour survoler de telles distances aussi rapidement. Peut-être suis-je secretement une tortue qui vit dans un monde de lièvres... Je n'aime pas qu'on me presse!

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Depuis que je suis arrivée à Bangkok c'est la façon dont je me déplace. J'ai traversé le Laos du nord pour rejoindre la Chine avec des petits bus locaux. Ca sautait beaucoup, les sieges étaient durs, la route à travers les montagnes empêchait de couvrir de longues distances et demandait de longues heures de trajets pour une distance plutôt courte. Figurez vous que malgré tout, j'ai adoré! Faire une pause midi dans un petit village de bord de route pour manger l'éternelle soupe aux nouilles, la pause pipi entre trois bananiers. Ca c'est le Laos, le beau, le vrai. Pas celui des cartes postales.

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Je pensais qu'en traversant la frontière, tout resterait semblable au moins un certain temps. J'imaginais une Chine moderne et occidentale dans les quelques grandes villes mais une douce campagne au fin fond du Yunan. Foutaises et balivernes! J'ai eu l'impression de passer de petit à immense/ rural à citadain/ sous-développé à développé. Si j'étais arrivée en avion j'aurais remarqué tous les petits marchands venant de la campagne avec un vélo/tuctuc. Je me serais dit que la Chine était encore sous-développée. Venant du Laos, je me suis étonnée de n'en voir que si peu. J'ai été impressionnée par la quantité de gens à l'allure si occidentale, étonnée de voir tant de belles et chiques voitures. Tant d'e-bike (moto éléctriques) qui donnent à cette ville une allure si futuriste comparé à ce que je voyais en Laos. Tout n'est toujours qu'une question de point de vue.

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Contrairement à l'Inde, après deux jours en Chine ou au Laos j'avais l'impression d'y être depuis des semaines. Je constate les différences sans en être sécouée comme un prunier. J'ai le loisir d'apprécier les subtiles différences entre les pays et les régions, leurs cuisine, leurs paysages, leurs langues, leurs visages, leurs maisons, leurs routes.

Voyager comme une tortue, c'est aussi l'art de voyager avec sa maison sur le dos.

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J'avais déjà voyagé en sac à dos mais jamais plus de trois semaines. Ici, ça fait un peu plus long! Ce n'est pas facile de savoir quoi emporter car mon voyage alterne des passages itinérants et d'autres plus fixes. On ne porte pas les mêmes vêtements pour travailler en chine que pour voyager au Laos ou pour vivre à Bombay. Le problème est surtout que je suis la reine de la récup'! Alors partir avec un minimum et ne pas s'accumuler de brols sur le passage n'était vraiment pas simple!! Petit exemple: quand j'ai quitté la belgique, je me suis “autorisé” un petit plumier avec deux ou trois bics et crayons ainsi qu'un bloc à dessin. Un jour, au Laos, alors que j'avais pris la grande décision d'alléger mon sac, je me suis rendue compte que je transportais: une série de crayons de couleur, une de marqueurs, une de bics colorés, une de pastels, une de gouache et une de poudre colorée que les indiens utilisent pour les festivals et qui peut être employée comme peinture à l'eau.............. Je n'ai gardé que les crayons de couleur et les poudres indiennes! En soi, rien qui ne rentre pas dans la petite trousse que j'ai emporté de belgique. Que c'était duuuuuuuur mes amis!!!!!! Vous n'imaginez pas!!! Car il ne s'agissait pas que de crayons. J'ai décider de vider mon sac de tout ce que je n'avais pas employé depuis mon départ d'Inde (à l'exeption des vêtements chauds pour la chine). J'ai rempli un petit sac à dos entier et suis partie en ville. J'ai pris la décision de ne repasser la porte de l'auberge qu'avec le sac vide. Je me connais, j'allais sinon trouver une excuse pour reporter à plus tard et ça allait gâcher tous mes efforts! Il y avait notamment dans le sac un livre que j'avais presque terminé. Je me suis donc posée à une terrasse pour terminer mon livre avant de me mettre en quête d'heureux gagnants. Figurez-vous que cela n'a pas été nécessaire... On aurait dit que quelqu'un avait posé un panneau invisible à mes yeux sur ma table disant: “venez papoter avec elle, elle a quelque chose pour vous”! Ainsi, une petite fille est arrivée en me demandant de lui acheter un bracelet tissé en échange de quelques pièces pour pouvoir aller à l'école. Je lui ai dit que je n'avais pas besoin de bracelet mais que par contre si elle avait besoin de matéreil scolaire, elle pouvait se servir! Elle a pris tous mon matériel avec un grand sourire et m'a offert un bracelet en échange malgré tout.... J'aurais été incapable de jeter le contenu de mon sac, mais m'en débarrasser de cette manière était la chose la plus géniale au monde! J'avais l'impression d'être le père Noël! La deuxième chanceuse était une hongroise qui voyagait seule à qui j'ai offert une robe. Elle ne m'a pas offert de bracelet mais bien un immense sourire. Je ne savais même pas qu'on pouvait sourire aussi fort! Ca m'a fait plaisir! En plus, la robe lui allait drôlement mieux qu'à moi...

Ca m'a vraiment fait réfléchir sur l'accumulation de biens matériels. Je n'ai jamais été à court de place. Je n'ai donc jamais ressenti le besoin d'être concise dans mes possessions... Il y a tellement de brols que je conserve par habitude, par “au cas où”, par facilité, parce que je n'ai pas envie de me prendre la tête ou parce que j'y suis attachée pour une raison ou une autre... Mais est-ce vraiment nécessaire? Tous ces objets ne nous allourdissent-ils pas? Même si nous ne devons pas les transporter... Je me sentais tellement plus libre et légère après ce jour! Et puis tellement fière! J'ai pris la grande décision de ranger ma chambre en rentrant en Belgique. Hahaha! Vais-je être capable d'être aussi catégorique? C'est une tâche qui me demande une sacré volonté et une organisation mentale d'enfer. Je vous jure que ça me prend toute mon énergie de me séparer de certains objets completement inutiles mais ça donne la sensation de lacher du leste. De monter dans les airs et s'envoler! Quel bonheur!

Posted by elodieadie 19:57 Archived in Laos Tagged travel slow

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